Bayrou dénonce les «foucades» de Montebourg

Publié le par thiaisdemocrate

bayrou chez rtlCe lu pour vous, le Figaro.fr, le 28 novembre 2012

Le président du MoDem a estimé que la nationalisation temporaire du site ArcelorMittal de Florange proposée par le ministre du Redressement productif pouvait «être envisagée», tout en désapprouvant sa façon de procéder par «invectives».

Il avait mis la «reconquête de la production» française au cœur de sa campagne présidentielle.  Il n'empêche! Mardi matin, sur RTL, François Bayrou a estimé qu'Arnaud Montebourg a «fait une faute» en affirmant que Mittal n'avait plus sa place en France. Pour le président du MoDem, «c'est une très mauvaise manière de prendre des sujets parmi les plus graves». Lundi, dans un entretien aux Échos, le ministre du Redressement productif avait affirmé: «Nous ne voulons plus de Mittal en France parce qu'ils n'ont pas respecté la France.» Des propos qu'il avait toutefois ensuite nuancés dans la journée alors que le PDG du groupe ArcelorMittal, Lakshmi Mittal, doit rencontrer ce mardi le président François Hollande.

Pour le leader centriste, «on est en droit de demander au gouvernement d'être un peu plus équilibré et de s'exprimer un peu moins par foucades, par invectives, par tous ces mots qui sont évidemment insupportables pour les salariés de l'entreprise». Surtout, «lorsque Arnaud Montebourg dit: “Nous ne voulons plus de Mittal en France”, il y a plus de 20.000 salariés qui sont dans les entreprises et qui tout d'un coup voient une menace supplémentaire venir sur leur activité», a renchéri François Bayrou.

«Liberté d'approuver ou de désapprouver»

Rappelant avoir «approuvé les orientations de François Hollande mises en avant lors de sa conférence de presse» il y a deux semaines, l'ancien candidat à la présidentielle estime encore être de sa «liberté d'approuver et de soutenir, ou au contraire de désapprouver» l'action de la majorité. Or, sur le cas présent, les «mots» de Montebourg dérangent Bayrou. «Il est de la responsabilité du président de la République et du premier ministre d'imposer une discipline qui fait que les Français soient rassurés et non inquiétés par ceux qui les gouvernent», a lancé l'ancien député béarnais.

Interrogé sur l'éventuelle nationalisation de Florange, François Bayrou s'est voulu prudent, estimant que la nationalisation «obéit à des règles légales». Il a rappelé que cela nécessiterait d'ailleurs une «indemnisation juste et préalable» de Mittal, comme le prévoit la Constitution. Or, selon le président du MoDem, il est surtout nécessaire de se poser la question de la pérennité du marché de l'acier en France. «On a un problème de surcapacité. Est-ce qu'on va produire à Florange des aciers qui vont trouver des clients?», s'est interrogé le centriste, estimant que la nationalisation était un moyen et non un but. L'occasion de poser la question: «Nationaliser, cela voudrait dire l'ensemble du site, ce qui n'est pas jugé rentable par Mittal et la partie rentable. Comment va-t-on estimer cet ensemble? Il y a des risques sur les finances publiques, qui demandent à être pris de façon sérieuse. La nationalisation, ce n'est pas un but mais un moyen. La question, c'est: industriellement, qu'est-ce qu'on peut faire?»

 

 

Commentaires d'Aymeric BRELLMANN, Responsable du Centre pour la France.

Il n'y a aucun tabou : la nationalisation si elle est temporaire reste possible mais l'Etat doit avoir la stratégie de revendre. C'est finalement ce qu'à fait aux Etats Unis Barack OBAMA de façon pragmatique lors de la crise en 2008 en nationalisant Général Motors.

Mais dans cette affaire, ce qui est choquant c'est l'image que donne la France compte tenu des propos outranciers d'Arnaud MONTEBOURG. A travers ces invectives, ils ne donnent pas envie aux Français d'aimer l'entreprise. Or, dans un contexte de mondialisation, nous devons soutenir les entreprises, et ne pas contribuer aux climats de défiances vis à vis des entrepreneurs.

Les socialistes sont encore rattrapés par leurs vieux démons: la lutte des classes, et un entrepreneur qu'il suspecte plutôt que de l'encourager.

A titre personnel, si on peut être en accord avec certaines mesures gouvernementales,  je reste bien plus circonspect que François BAYROU, il n'est pas envisageable ni de près ni de loin de soutenir l'action gouvernementale trop dogmatique et pas assez favorable à la liberté d'entreprendre.

Aymeric BRELLMANN

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