Bayrou présente une loi sur le « produire en France »
Ce lu pour vous, Les Echos, le 13 Avril 2012
Devancé par Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et crédité d'à peine 10 % d'intentions de vote, François Bayrou cherche à remonter la pente en déclinant de manière concrète les grands axes de son programme. Hier, en compagnie de l'ancien dirigeant du Crédoc Robert Rochefort et de l'ex-secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Anne-Marie Idrac, le candidat centriste a présenté un projet de loi-cadre sur le « produire en France ». Il s'agit de « redéfinir une véritable stratégie de production au service d'une obsession nationale : l'emploi ». Les principales mesures contenues dans ce projet étaient déjà connues ; elles ont néanmoins été précisées. Ainsi, le « Commissariat stratégique à la production » chargé de coordonner cette politique serait « saisi pour avis » de tout projet de norme économique, social ou environnemental ; il aura le pouvoir de « suspendre » l'application de tout texte présentant un risque pour la production en France et de proposer des « mesures correctrices ».
L'exemple allemand
Afin d'inciter le consommateur à acheter des produits de fabrication française même en payant un peu plus cher, le candidat centriste propose, outre la création d'un label, l'extension à cinq ans de la garantie légale de ces produits. François Bayrou mise beaucoup sur le développement de stratégies par filière, prenant notamment exemple sur l'Allemagne. « Il y a là d'immenses réserves d'emplois », assure-t-il. Il entend, comme d'autres favoriser le développement des PME, via notamment un meilleur accès à la commande publique et la création d'un emploi sans charges pour les entreprises de moins de 50 salariés qui embaucheraient un jeune ou un chômeur.
Le matin, François Bayrou avait d'ailleurs été reçu à la CGPME, devant un parterre de chefs d'entreprise nettement plus clairsemé que pour François Hollande ou Nicolas Sarkozy les jours précédents. Le candidat avait pourtant pris soin de préparer une réponse à chacune des quarante propositions de l'organisation patronale, proposant même d'en ajouter quelques-unes à son projet de loi-cadre. « Pour huit mesures sur dix, je les soutiens avec chaleur et détermination », a-t-il conclu son intervention. Le seul point fort de divergence avec les propositions patronales relèvent de la TVA sociale. « Ce qui est absurde, c'est la TVA sociale à 1,6 point [de hausse de TVA pour financer les baisses de charges, NDLR]. Cela ne baissera pas suffisamment le coût du travail pour avoir un impact. Dans une PME, il y aura un effet zéro, alors qu'on aurait bien besoin de ces sommes pour réduire le déficit », a-t-il plaidé. François Bayrou milite pour une croissance zéro en valeur de la dépense publique pendant deux ans, assortie d'une hausse de TVA d'un point et de la suppression de niches fiscales