DETTE PUBLIQUE: POUR UN DISCOURS DE VERITE
Ce week end, toute l’actualité se trouvait focalisée sur le perte du AAA français, l’agence de notation Standard & Poor’s ayant abaissé la note souveraine de la France et d’autres pays européens. Chaque homme politique donnant sa version ; l’UMP en disant aux Français "circulez il n’y a rien à voir", le PS en agitant le drapeau rouge et en expliquant que "la mauvaise gestion n’était de la faute que de l’actuel gouvernement".
Ce que l’on peut dire, c’est que l'actuel chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy nous a indiqué qu’il s’agissait pour septembre et octobre dernier de plans de rigueur qui étaient indispensables pour sauvegarder notre notation, notation AAA made in France qui était un trésor national. Aujourd’hui, il nous indique que l’on peut vivre sans, et que la perte du AAA français est loin d’être une catastrophe : alors, soit il nous a menti en octobre dernier, soit il nous ment en janvier 2012. Il faut avouer que le message manque de clarté.
Mais, la vérité au delà d’un discours partisan, c'est que les déficits de notre pays se sont accrus depuis 30 ans, et ce sous l’ensemble des présidents successifs, et sous l’ensemble des gouvernements. Les cadeaux fiscaux du gouvernement Fillon n’ont fait qu’accroître les déficits de manière substantielle, quand le gouvernement Jospin, alors qu’il avait des marges de manœuvre a préféré faire les 35 heures. Alors, nous ne pouvons plus passer des jours et des jours, des mois et des mois à se "refiler le mistigri", il nous faut agir.
Il faut agir car effectivement le fait d’être noté AA+ n’est pas une catastrophe, mais cette dégradation symbolise la fin de la façon de gérer le budget de l’Etat comme cela a été fait depuis 30 ans. Cela symbolise aussi la nécessité de dépasser le clivage droite-gauche et de se mettre tous autour d’une table pour enfin trouver le chemin de la croissance, de l’équilibre budgétaire, et préserver notre modèle social auquel nous sommes tous attachés.
Il faudra nécessairement plus de recettes pour notre Etat, mais pas tant pas la hausse des impôts que par la fin des niches fiscales et sociales : il en reste encore pour plus de 120 millions d’€uros. Il est certain que chaque catégorie souhaite préserver sa niche fiscale. Mais, que les choses soient claires, le sens de l’intérêt général du prochain Président de la République devra primer sur l’intérêt particulier. Oui, peut être faudra-t-il réformer certaines allocations familiales, oui peut être que la CSG à taux réduit pour les retraités devra être alignée sur celle de l’ensemble des actifs, oui les allégements de charge pour les entreprises devront être revus et diminués ? C’est le prix du redressement de la nation.
Mais la hausse d’impôt ne suffira pas, il faudra également baisser les dépenses de l’Etat : les rendre plus efficace, les revoir dans le sens de l’équité social, baisser l’ensemble des prestations sociales, continuer l’adaptation de notre régime de retraite,…
Le travail est important mais réalisable : il le sera d’autant plus que les querelles politiques seront dépassées, que les hommes qui gouverneront, auront une vision, une stature…. Or, si certains peuvent encore émettre certaines critiques vis à vis de François Bayrou, nous pouvons dire qu’il a su privilégier ces idées et ses valeurs plutôt qu’un poste de ministre en 2007, qu’il a depuis de nombreuses années tiré la sonnette d’alarme sur le problème de la dette publique (qu’il voyait enfler inexorablement), qu’il souhaite depuis de multiples années gouverner enfin au delà des clivages, rassembler les énergies et avancer avec toutes les bonnes volontés.
Aymeric BRELLMANN
