F.BAYROU: RIEN DE MOINS QUE NOS ANCETRES PAYSANS

Publié le par thiaisdemocrate

Hier à la table ronde “ La France : une nation de paysans ? ”, les participants ont majoritairement rayé le point d’interrogation.

F.Bayrou
 
 
Alors que les paysans représentent moins de 2 % de la population active, comment leur aura reste-t-elle aussi prégnante dans la société ? Pourquoi beaucoup de gens trouvent aujourd'hui valorisant d'avoir des ancêtres paysans ? C'est une question à laquelle six intervenants ont répondu, avec des argumentations diverses égrenées au fil des siècles.

Mais donnons d'abord un coup de chapeau à Jean-Pierre Azéma ayant d'emblée égayé la Halle aux grains sur le coup de 18 h 30. Recevant juste avant les débats Romain Bertrand, pour son excellent prix des RVH de Blois 2012 avec L'Histoire à parts égales, le cher homme, un peu distrait, précise : « Je me présente, je suis Jean-Pierre Historien. Euh, je veux dire, Jean-Pierre Azéma, historien ! »

 

Dans l'œil !

Ceci étant, personne ne se voile la face sur le mépris dont on a jusqu'à très peu habillé les paysans. Cul-terreux, pésans, ploucs étaient leurs sobriquets les plus doux. Il existe pourtant un lien entre la paysannerie et la nation, venant du temps où les villes étaient à la campagne.
François Bayrou y voit aussi une autre cause : la saignée des guerres. « A Nay, mon village natal près de Pau, 12 % de la population sont sur le monument aux morts. Ce qui correspond à deux jeunes hommes tués sur trois. »
Pour revenir sur les qualificatifs gracieux dont on honorait les gens de la terre, Laurent Theis et Michel Winock se souviennent que dans Les Paysans, Balzac livre que « Pour voir des sauvages, on n'a pas besoin d'aller en Amérique ! » Et que Zola n'est pas mieux dans La Terre, seule George Sand commençant à inverser le courant. Avec les hippies de l'Ardèche des années 70 – qui sont aujourd'hui à la tête de la FNSEA – un souffle épique s'est levé. Et dans notre XXIe siècle, le « bio » reste l'avenir.
A travers l'histoire et ses moments changeants, paysans de droite, de gauche et surtout du centre se succèdent. Les syndicats naissent et deviennent enfin des interlocuteurs. La mécanisation sera aussi une révolution. Interrogé à ce sujet, François Bayrou avise un reflet dans les lunettes de son voisin, l'érudit Jean-Marc Moriceau. Et se tournant vers lui, en le regardant dans les yeux, il prévient : « Ne le prenez pas mal, mais à quatre ans, j'ai vu arriver et se refléter notre premier tracteur dans l'œil de notre cheval de trait qui s'appelait Coco ! » Scié le Moriceau !

 

Commentaires d'Aymeric BRELLMANN: Le lien entre la nation et la paysannerie renvoie surtout à notre identité: la France était majoritairement paysanne jusqu'en 1930, c'est loin, mais tellement récent aussi. Notre nation s'est construit au fil des siècles sur la paysannerie; nous traversons les champs en y voyant les champs, les cultures, l'élevage, les croix de St André aux intersections des croissements de chemins ruraux, des moissonneuses, des fermes,...Cela reste le symbole d'une histoire et finalement pourrait-on dire d'un pan de notre histoire nationale.

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