L’envie d’en découdre
Lu pour vous, Le Monde.fr, Edition numérique du 20 janvier 2012.
"Il ne pensait pas que ce genre d’attaques arriverait si tôt. « Bayrou, l’homme de la IVème République ! » comme l' accuse Jean- Marc Ayrault, conseiller spécial de François Hollande, pour tenter de casser la dynamique du béarnais et le ramener un peu sur terre : vendre aux français le rêve d’une « union nationale » c’est bien beau, mais concrètement comment gouverner sans majorité parlementaire ? Et le socialiste d’interroger : « ce sera un coup avec la gauche, un coup avec la droite comme aux temps de la IVème ? »
La question est pertinente . Il n’est cependant pas sûr qu’à cet instant de la campagne elle ait l’effet escompté. Car le seul fait qu’elle soit posée crédibilise François Bayrou . Le voilà de nouveau dans la cour des grands, considéré comme un danger par les deux favoris qui craignent que, brusquement, le système se mette à « turbuler » comme en 2002. Dans les enquêtes d’opinion, François Bayrou mord autant sur l'électorat de Nicolas Sarkozy que sur celui de François Hollande : il prospère sur le rejet de l’un et l’insuffisante attractivité de l’autre.
Il n’a pas besoin d’en faire beaucoup, il lui suffit d’être là et de récupérer les déçus des deux camps. Et ils sont légion : 84% des français sont intéressés par la campagne, indique un sondage IPSOS mais ils sont autant à la juger trop agressive et 77% à dénoncer la faiblesse des propositions. Il y a comme un problème d’offre et une envie d’en découdre. D’autant plus forte que François Bayrou n’est pas seul. Il a à ses côtés ou plutôt devant lui Marine Le Pen, l’autre trublion de la campagne qui voudrait, elle aussi, renverser le système en 2012.
François Bayrou joue sur les mêmes ressorts que Marine Le Pen mais pas dans le même registre : la présidente du Front national tente de construire une alternative sur la rupture européenne et le rejet de l’immigré. Le président du MoDem bâtit la sienne sur la fibre gaulliste et le retour à l’esprit du Conseil National de la Résistance.
Les deux incarnent une forme de rupture , un saut dans l’inconnu : rompre avec l’euro n’est pas rien , prétendre gouverner sans majorité parlementaire non plus . Mais si justement les français avaient envie ça ? Oser, parce que le reste les a trop déçus ?
François Bayrou et Marine Le Pen sont renvoyés l’un et l’autre à l’histoire parce que la rêve qu’ils incarnent est une forme d’imposture : la France ne vivait pas mieux lorsqu’elle était protégée par toute une série de règles protectionnistes. Et l’esprit de la résistance n’a pas résisté longtemps à la dynamique partisane de la IVème .
L’UMP et le PS ont raison de le rappeler. Mais cela ne règle pas pour autant le problème de leur candidat respectif. Il règne sur cette campagne un lourd climat de désenchantement ."
Ajout du MODEM de Thiais
Evidemment, pour gouverner il faut une majorité. Soyons confiants vis à vis du peuple Français. Lorsqu'il choisira un président dynamique, il lui ofrira dans les jours qui suivent une majorité à l'assemblée nationale. Au cours des législatives, sur la septième circonscription, la section du MODEM de Thiais que je conduis, veillera à faire sa part de travail.
Puis pour rassurer, M.Ayrault n'est ce pas le General de Gaulle qui disait que la France se gouvernait au centre ?
Pour le MODEM de Thiais, Aymeric BRELLMANN