La résolution de Bayrou pour 2013 : garder la ligne

Publié le par thiaisdemocrate

canalplusgrandjournalbayrouPas de changement de cap pour le leader centriste qui, lors de ses voeux adressés à la presse, s'est de nouveau présenté en recours face au clivage gauche/droite.

Par CHRISTOPHE FORCARI
Libération

Partisan de l’union sacrée derrière la décision du président de la République de dépêcher les troupes françaises au Mali, François Bayrou rêve du même consensus national face à la crise. «Solidaires et responsables, courageux et unis face à la guerre, nous devrions l’être aussi face au chômage ou aux menaces. Plus les dangers sont menaçants, plus l’unité du pays est requise », a déclaré, ce vendredi, le président du Modem lors de la présentation de ses voeux à la presse. Une unité qui seule, selon lui, permettrait de résoudre les problèmes du pays en sortant d’une bipolarisation de la vie publique, impuissante à les résoudre.

L’ex-candidat centriste à la présidentielle qui a recueilli un peu plus de 9% des voix, est donc fidèle à la thématique défendue lors de la course à l’Elysée. L’ancien député des Pyrénées-Atlantiques, battu lors des dernières législatives, se pose toujours en recours, en homme de la troisième voie pour sortir du clivage droite/gauche. «La bipolarisation entraîne perpétuellement aux promesses d’abord mirobolantes, ensuite décevantes. Elle nourrit donc le rejet de la vie publique», a encore expliqué le leader centriste pour qui le clivage passe désormais entre «ceux qui veulent les réformes nécessaires contre ceux qui les refusent».

Comme par exemple celle sur le cumul des mandats défendue de longue date par François Bayrou qui avait salué les conclusions du rapport déposés par la commission Jospin. Aujourd’hui, il met en garde contre tout atermoiement sur ce point. Le président de la République a précisé, lors de ses voeux aux parlementaires, que cette loi sur le non-cumul des mandats interviendrait avant la fin du quinquennat. «Je veux dire ceci qui est très clair. C’était un engagement formel. Ce serait une trahison des électeurs que d’organiser une élection municipale en 2014 sans qu’ils aient l’assurance que les élus seraient effectivement maires ou adjoints pour la durée du mandat. Que l’on applique cette loi au moment du renouvellement de chaque assemblée. C’est cela qui sera franc et clair. Tout autre habileté d’opportunité devra être combattue», estime le patron du Modem.

La formation de Bayrou, désormais concurrencée au centre par l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI) de Jean-Louis Borloo, compte bien en tous les cas sur les échéances de 2014 pour tenter de se refaire une santé après toute une succession d’échecs électoraux dont les derniers en date sont la présidentielle et les législatives. Pour les prochaines législatives, le Modem devrait reconduire sa stratégie de 2008 et chercher à s’associer «avec des équipes et des majorités locales. Ce qui compte pour une ville, ce n’est pas l’étiquette des candidats mais leur qualité humaine et leurs projets».

Au gré des villes, les troupes bayrouistes pourraient donc nouer des alliances une fois avec la droite – comme c’est déjà le cas à Bordeaux avec Alain Juppé – ou avec la gauche, comme c’est le cas à Lille avec Martine Aubry ou à Dijon avec François Rebsamen. Pour les européennes, le Modem qui dispose de quatre eurodéputés sortants, veut y aller seul, avec des listes indépendantes dans les grandes circonscriptions ou une seule liste nationale si les modalités de ce suffrage venait à être modifiées par le gouvernement. Mais, prend soin de préciser François Bayrou, «nous verrons le moment venu si on peut imaginer des rencontres et des élargissements. Mais c’est à partir de notre détermination que l’on peut construire quelque chose

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