TRIBUNE D'AYMERIC BRELLMANN: POURQUOI JE SUIS OPPOSE AU MARIAGE GAY
Tout d’abord, il faut revenir sur l’origine du mot mariage : le mariage n’est pas un acte neutre, il s’agit d’un mode de conjugalité très ancien, porté par les sociétés diverses, mais très différents des unions civiles qui peuvent être conclues de nos jours dans les sociétés modernes.
Historiquement et par tradition, le mariage est donc le fruit d’une union entre un homme et une femme servant à la procréation et permettant ainsi le renouvellement de la population. Le mariage longtemps religieux est devenu civil depuis 1792 à l’occasion de la révolution française ; notre code civil en dresse les droits et obligations, il parle bien de femmes et d’hommes.
Une fois, l’historique posée, il faut rappeler que le mariage reste par excellence et même de nos jours une cellule où la mère et le père s’unissent durablement pour avoir des enfants, c’est précisément l’une des possibilités, l’un des socles indispensables pour construire une famille harmonieuse. La possibilité instituée par la loi du mariage pour les personnes de même sexe (et non mariage pour tous comme on l’entend trop aujourd’hui) est de fait incompatible à la procréation au sein de cette famille. La loi de la nature et personne ne peut s’y opposer que l’on soit pour ou contre le mariage homosexuel, est qu’un enfant naît d’un homme et d’une femme, jamais de deux hommes et de deux femmes. Par conséquent, il est normal que la société reconnaisse différemment ceux qui vont assurer collectivement notre descendance et que le mariage soit bien une institution réservée à une femme et à un homme.
Dans cette affaire loin d’égoisme individuel de certains couples qui voudraient s’unir, il faut penser aux conséquences pour les enfants : imaginons la construction d’un enfant qui aura deux papas ou deux mamans, les sarcasmes qu’ils risquent de subir à l’école dans la cours de récréation,…car derrière ce mariage homosexuel, ne nous leurrons pas, existe la question de l’adoption.
Pour autant, j’entends ceux qui poussant des cris d’orfraies me dirent que la société évolue et que cela reste inégalitaire, voir ringard. Les valeurs ont cela d’exceptionnels qu’elles peuvent justement être constantes et qu’elles ne seraient variées, modifiées au rythme des opinions publiques ou des questions de société à la mode. C’est justement la noblesse d’une valeur !! Tout d’abord, concernant cette notion d’inégalité que j’entends, je reprendrai la phrase d’un grand penseur Alexandre : « L’égalité consiste à traiter différemment de ce qui n’est pas égal » : en l’espèce la possibilité de donner la vie est réservée à un homme et une femme, deux femmes et deux hommes ne peuvent pas en faire autant ; il est donc légitime dans l’intérêt même de l’enfant que l’institution du mariage soit protégée et soit différenciée de toute autre union.
Pour autant, j’entends aussi cette nécessité légitime de s’ouvrir et la société doit même faire en sorte, probablement encore mieux qu’elle ne le fait aujourd’hui, assurer une protection, et un égal traitement des personnes du même sexe, qui peuvent légitimement s’aimer et vouloir construire une vie mutuellement. C’est donc dans cette perspective qu’il m’apparaît probablement légitime d’améliorer le PACS pour les personnes de même sexe qui en contracte un, notamment concernant les droits à la pension de réversion pour la retraite,…
Il est totalement légitime que les couples gays ou lesbiens puissent bénéficier des mêmes droits au sein d’une union civile, puissent avoir la garantie absolue de notre société qu’ils seront traités de manière équitable sur les différents aspects. Or, les couples homosexuels demandent avant tous de ne pas être discriminés et d’avoir les mêmes droits, seule une infime minorité, relayée par certaines associations, demande le mariage ?
Enfin, il n'est pas pensable comme une partie de la droite aime à le dire de revenir sur cette loi, si cette dernière est votée (je le dis d’autant plus que je voterai contre en mon âme et conscience si j’étais député de la Nation). En effet, comment imaginer des couples de même sexe en 2013 qui pourraient se marier et d’autres en 2018 qui ne pourraient pas le faire ? Cela serait une rupture de l’égalité qui serait probablement remise en cause par la cour de justice européenne ?
Pour conclure, il faut donc admettre que deux personnes donnant naissance à un enfant, un homme, une femme de part même la nature du mariage puissent conserver ce droit tout à fait singulier. Ne tombons pas finalement dans la banalisation, voire dans le dévoiement de l’idée même du mariage! Le droit au mariage pour les homosexuels sera de fait la porte ouverte à l’adoption, voire à la procréation Médicale assistée contraire même aux intérêts supérieurs de l’enfant.
Aymeric BRELLMANN
Responsable du MODEM Centre pour la France à Thiais
Candidat suppléant Centriste à Thiais aux dernières législatives.