BAYROU DEROULE SA CAMPAGNE

Publié le par thiaisdemocrate

chapelle-ronchamp.jpgLu pour vous, Le Point,édition numérique du 07 janvier 2012.

"Conforté par les sondages et son expérience de la présidentielle, le candidat "central" rode son discours sur la relance de la production en France.

"Tu as pris de jolies photos ? Je voudrais qu'on voie la chapelle, c'est ça qui est important." Dos à la marche, dans le TGV qui le ramène à Paris, François Bayrou s'assure auprès de la photographe qui le suit que les images qui resteront de son déplacement en Franche-Comté sont bien celles qu'il souhaite voir sur son site internet. Ce jeudi 5 janvier, il a visité une église imaginée par Le Corbusier dans les années 1950, sur les hauteurs de Ronchamp, dans le Territoire de Belfort, considérée comme un bijou architectural. Il a aussi rencontré, quelques heures plus tard, le patron de CFPS, une entreprise florissante de conception et de fabrication d'antivols et d'accessoires de motos. Le rapport entre les deux ? "Produire en France", bien sûr.

S'il se félicite que le thème, dont il se veut l'initiateur, ait "fait florès" dans l'ensemble de la classe politique, François Bayrou prend désormais le soin de lui attribuer une nouvelle dimension, plus personnelle : "La production ne se limite pas à l'industrie !" a-t-il répété, toute la matinée, aux journalistes présents. "La création est aussi éminemment culturelle. La beauté, qui n'est pas seulement esthétique, est un aliment pour la vie."

On est loin du pragmatisme sarkozien sur la TVA sociale, cette réforme censée aider à la relance de la production par la baisse du coût du travail, qui a fait l'actualité de la semaine. Bayrou s'y oppose, malgré l'insistance de certains de ses soutiens, comme Jean Arthuis. Mais le patron du MoDem ne se sent pas le moins du monde concurrencé sur ce terrain. Ce n'est pas une mesure ainsi sortie du chapeau, à quelques mois de la fin de son quinquennat, qui suffira à recréer le lien entre le chef de l'État et les Français, explique-t-il en substance.

L'étape de la réflexion

Lui continue, quoi qu'il arrive, à roder son discours. Jeudi, en visitant l'usine CFPS de Boron, un ouvrier d'une cinquantaine d'années l'interpelle, sans animosité : "Moi, je ne voterai pas pour vous parce que vous voulez supprimer la défiscalisation des heures sup'", s'exclame-t-il. Et Bayrou de répondre, sûr de son idée : "Non, moi je veux maintenir les heures supplémentaires (majorées, NDLR), mais je supprimerai l'inégalité que représente la défiscalisation", explique-t-il. Il restera cinq bonnes minutes à tenter de convaincre son interlocuteur. En vain, mais ils se sépareront en bons termes. "Moi, je n'ai rien contre lui. Réindustrialiser, oui, pourquoi pas... Mais ils se heurteront tous à la mondialisation. Même Sarkozy, il n'a rien pu faire", confie l'ouvrier, une fois le candidat parti.

Un peu plus tôt, alors que l'élu du Béarn déjeune avec quelques élus locaux à Belfort, l'un d'entre eux l'interroge : "Est-ce que vous pouvez nous réexpliquer pourquoi vous êtes opposé à la TVA sociale ? Parce que, nous, on va devoir en parler." Cette fois, Bayrou trouve les arguments : "Moi, je ne crois pas que la clé pour l'industrie et pour la production se trouve dans la baisse du coût du travail. Nous serons toujours en concurrence, quoi qu'il arrive, avec certains pays où les écarts de salaires sont beaucoup trop grands." Hochements de tête, ses voisins de table approuvent. Tous semblent particulièrement séduits par ce leitmotiv : "Un pays qui ne produit plus ne peut pas soutenir son modèle social." Mais chacun a son avis sur les moyens pour relancer la production.

Cela tombe bien : s'il a les grands axes, Bayrou est toujours dans une phase de réflexion sur son programme. Alors, lui aussi les interroge, demande à l'un d'entre eux de lui envoyer ses idées par e-mail, remercie l'autre de lui avoir apporté des documents...

Une communication maîtrisée

Qu'on se le dise : le troisième homme de 2007 connaît par coeur les étapes d'une campagne présidentielle. Et celle de ses propositions concrètes viendra plus tard. Sa communication semble réglée comme du papier à musique. Les nouveautés, comme les réseaux sociaux, il s'y adapte, s'entoure de personnes compétentes - même s'il dit encore devoir "apprendre" son compte Facebook. La moindre de ses réactions, après une polémique, une petite phrase, paraît pesée et soupesée. Bayrou, dont l'entourage s'interroge à demi-mot sur la capacité de certains de ses rivaux à tenir le choc d'une campagne présidentielle, fait mine de répondre avec le calme de celui a déjà été passé à "l'IRM" de la présidentielle en veillant systématiquement à éviter les attaques publiques et personnelles contre ses rivaux.

Eva Joly l'appelle publiquement, jeudi matin, à se "désister" pour laisser place au candidat le plus à même de battre Sarkozy ? Il laisse passer quelques heures, puis consent à répondre, parce qu'on insiste : "L'élection présidentielle n'est pas une élection de coalition. Tout mon effort, depuis des années, est justement d'échapper à la logique simpliste d'un camp contre l'autre. Ma ligne, c'est l'indépendance réelle. Et pas les ententes à l'avance." Il en faudra plus pour le faire vaciller. D'autant qu'on vient de lui rapporter une bonne nouvelle, dans le train du retour : les chiffres du dernier Baromètre CSA-Les Échos, qui le placent en tête des personnalités politiques préférées des Français. 51 % des personnes interrogées par l'institut ont une image positive de lui. Il réprime difficilement un petit sourire et commente, du bout des lèvres : "Oui, il se passe quelque chose..."   "

Lu pour vous proposé par Aymeric BRELLMANN du MODEM de Thiais

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