La vie journalistique sans triple A
Lu pour vous, Ouest France, Edition numérique du 18 janvier 2012, écrit par Michel Urvoy.
"Peut-on vivre privé de cette voyelle qui sonorise si bien les mots? Existe-il une vie politique, et plus encore une vie de plumitif, une fois perdue cette noble distinction? Petit test.
Les enquêtes d'opinion prédisent une victoire très nette du président de Corrèze. Elles pointent toutefois une érosion des intentions de vote envers le compétiteur PS. Le président en exercice, lui, reste loin derrière, suivi de près des chefs du FN et du MoDem. On observe donc un resserrement des forces en présence, tel que l'on peut s'interroger sur les noms des deux concurrents sélectionnés pour le second tour. Tous les dénouements sont donc possibles.
Petite question: quelle est le scrutin clé? Une présidentielle, on l'oublie toujours, dépend de l'élection des députés. Un président privé de députés pour voter son projet ne peut rien. Inversement, des députés d'une couleur différente de celle du président peuvent proposer un Premier ministre et gouverner. Une élection peut en dissimuler une seconde, plus essentielle.
Le futur est encore plus flou depuis que S & P nous prive de cette précieuse voyelle qui permet des emprunts moins coûteux pour soutenir l'économie et de l'emploi. Le pire, toutefois, est évité. Cette nuit, un rêve est venu me tirer du sommeil: Fitch prétend me retirer mon triple "I" et Moody's mon triple "O". L'horreur! Impossible même d'écrire mon nom... Trois lettres perdues, et tu n'existes plus.
Ce texte présente un intérêt nul. Si ce n'est que vous y trouverez zéro fois cette précieuse voyelle provisoirement perdue. Que c'est dur de rédiger le moindre texte privé d'elle! Je viens de prendre conscience combien d'une lettre peut dépendre l'esprit..."
Surplus de notre MODEM
Superbe figure de style ! Derrière une bonne dose d'ironi, un problème réel est étudié.
Pour votre section MODEM, Aymeric BRELLMANN (les seuls A)